• 80 km/h

     

    80 km/h. Nouvelle limitation de vitesse à venir sur les départementales et nationales.

    80 km/h pour 80 de QI ?

    Rooh, je suis méchant. Mais non, je ne veux pas dire qu'on doit adapter la vitesse aux compétences mentales des gens... Mais il faut quand même le dire : la plupart des gens roulent comme des CONS. Moi aussi, ça m'est arrivé. Et ça ne m'arrive plus. Non.

    J'ai décidé de ralentir.

    Vous savez, je fais du karting. Je m'éclate sur des circuits. On se respecte entre rivaux, et on se bagarre à coups de dixième de seconde. On fonce ! On se congratule à l'arrivée.

    Et la route, c'est la route. On fait attention à la sécurité de tous, aux panneaux. Des gens arrivent en face. Il y a des enfants dans les bagnoles. Elles peuvent aller très vite, nos bagnoles.

    Alors ce 80km/h, finalement, il me va très bien. Parce qu'il serait bon de ralentir.

    Sur la route, dans nos vies. Au travail.

    Pourquoi foncer tout le temps, courir après le temps, le chiffre d'affaires, le nouveau client, les soldes.

    Pourquoi foncer parce qu'une société consumériste nous exhorte à le faire ?

    Pour enrichir des escrocs en cravate conduits par des chauffeurs ( qui d'ailleurs roulent à 160 km/h au mépris de tous ) ?

    J'ai décidé de ralentir, pour regarder le temps passer, pour réfléchir posément, pour prendre le temps de prendre le temps.

    J'ai décidé de ralentir car je suis bien plus heureux, épanoui, patient, à l'écoute, quand je ne cours pas après une hypothétique carotte.

    J'ai décidé de choisir comment je vis, avec qui.

    Je ne veux plus faire la course aux objets, au dernier smartphone, au dernier écran plat, à la dernière voiture qui se gare toute seule.

    Je veux me regarder dans le miroir et me dire : " Non, je ne suis pas fou. Non, je n'écrase pas les autres pour obtenir un gain. Non, je ne colle pas le pare-chocs d'un véhicule pour gagner une pauvre minute et 45 secondes sur un trajet de 50 kilomètres. Oui, je suis en bonne santé mentale. Oui, j'aime mon prochain et je me réjouis du bonheur des autres. "

    Pour pouvoir se dire ça, il faut : ralentir. Sinon, on devient l'un de ces zombies sans âme, qui courent après un pseudo-bonheur, artificiel, planifié, faux, vain.

    Alors, oui, j'ai décidé de ralentir.

    J'ai décidé de ralentir, sauf au volant de mon kart !