• Apprendre une langue : le dialecte de Bébé

     

    Apprendre une langue, c'est toujours passionnant. Pas si simple, ça demande forcément du temps, de la patience, de la concentration, de la pratique autant que de la théorie, en somme.

    L'anglais ? Langue mondiale, largement répandue depuis l'ère coloniale et l'extension du Commonwealth. Langue un peu incontournable de nos jours ! Mais heureusement, il semble qu'elle soit une des plus faciles à apprendre. Ah si. Franchement, c'est simple l'anglais... Sujet-verbe-complément, et c'est réglé. Une conjugaison rudimentaire, très peu de mots à accorder. Et un vocabulaire passe-partout qu'on peut facilement adapter à toute situation. Une langue relativement usuelle.

    L'allemand ? Euh. Je n'ai jamais étudié l'allemand. Je ne connais rien de cette langue. Merde, je crois que je ne sais même pas dire bonjour en allemand... Bon, on laisse de côté la Germanie.

    Le russe ? Encore pire. L'alphabet cyrillique m'est absolument inconnu. Russie, si loin, si près de notre Europe.

    Chinois, japonais, langues asiatiques ? La calligraphie, c'est très joli ! Une vraie redécouverte de l'art d'écrire, que j'ai très sommairement abordé en Chine. Avec des symboles aussi différents, l'apprentissage de ces langues se fait par la phonétique. J'admire ceux qui s'y collent, j'avoue.

    Les langues latines... Français, espagnol, italien. Elles se ressemblent tant, mais elles sont pourtant bien différentes. On passe assez facilement de l'une à l'autre pour dire deux phrases basiques, mais s'il faut être plus précis, on se heurte vite au casse-tête grammatical de chacune. Un vocabulaire très varié, très riche se marie à une conjugaison d'une complexité assez dingue. Concordance des temps, impératif, subjonctif, c'est un peu au secours !

    Que dire des langues arabes, africaines, émanant de milliers de dialectes ancestraux, pratiqués dans les tribus. Un tissu culturel fascinant.

    Toute nouvelle langue est difficile à appréhender, c'est un fait. Parce qu'on reste souvent sur les fondamentaux de notre langue maternelle. Il faut réussir à s'en détacher, créer un nouvel espace libre dans notre esprit pour laisser place à un nouveau langage. Concentration, motivation, nez dans les bouquins, pratique avec des érudits, les clés d'un apprentissage réussi.

    Mais... Il reste une langue, une langue à part. Unique en son genre. Une langue ultime.

    Probablement le langage le plus difficile à appréhender, parmi tout ceux qu'on peut trouver sur notre planète.

    C'est le dialecte de Bébé.

    Vous voulez l'apprendre ? Bon courage.

    Son vocabulaire peut sembler simpliste. Erreur. Au contraire ! Chaque mot contient une nuance bien précise. Par exemple, " abu bu buua " ne veut pas dire la même chose que " abubu buua ".

    De même, " bwa " n'a pas la même signification que " bwoa ". A l'oreille, c'est pas si évident...

    Prenez " atta ! " et " ata  ! "

    Toujours cette subtilité dans les sons, qui rendent la compréhension de cette langue bien ardue.

    D'ailleurs, je vous avoue, je n'en comprends pas un mot. Mon fils de 9 mois me parle beaucoup, et je souris poliment en discutant avec lui, pour lui montrer que j'ai bien compris tout ce qu'il me raconte.

    Mais la principale difficulté rencontrée dans l'apprentissage de ce dialecte étrange réside dans le fait que celui-ci est évolutif.

    Eh oui ! Chaque jour, le sens d'un mot change. Pas de livres de grammaire, de conjugaison sur lesquels s'appuyer, non, rien. C'est un dialecte vivant, qui suit son instinct, indomptable.

    Demain, " aba aba baba a " n'aura pas la même signification qu'aujourd'hui. C'est un langage qu'on pratique en temps réel, avec un érudit, en l'occurrence Bébé.

    D'ailleurs, j'y retourne, j'ai du boulot !