• Des mégots dans le jardin d'enfants

     

    Tu sais, fumeur, je ne te parlerai même pas de ta santé. 

    Chacun fait bien ce qu'il veut. Nous sommes tous trop ou pas assez. Chacun son parcours,  chacun son vécu.

    Chacun ses tics, ses tocs, ses excès, ses obsessions.

    Chacun ses tares, chacun ses errances.

    Mais j'avoue, fumeur, que je ne te comprends pas. Et je ne te comprendrai jamais.

    Ta cigarette pue, elle est sale. Sa fumée dérange.

    Mais tu fumes quand même au nez de tes propres enfants, quand ils jouent au jardin - d'enfants.

    Et comme en plus, tu es paresseux et égoiste, tu trouves le moyen de laisser tes mégots par terre. 

    Il n'y a pas plus pollueur que toi, fumeur. Ta cigarette devient un déchet toxique qui met des années et des années à disparaitre.

    Ce déchet toxique qui finit dans la main, voire dans la bouche de mon fils de 1 an, parce que tu n'as pas voulu bouger ton cul de fumeur vers une poubelle. 

    Il n'y a pas plus complice que toi dans la dégradation de la planète. Tu auras beau trier tes déchets et rouler en vélo, si tu jetes ton mégot dans la nature, tu es le pire d'entre nous.

    Tu sais, fumeur, tu pourrais fumer chez toi, entre tes murs. Laisser tes mégots au pied de ton canapé, de ton lit, de ta baignoire. 

    Tu ne dérangerais personne.

    Mais je crois que tu aimes déranger les autres avec ta cigarette. Peut-être une manière d'exister face à eux.

    Alors, fumeur, laisse-moi te déranger aussi, avec ma diatribe accusatrice. 

    Tu sais, fumeur, au fond je t'aime bien. J'aime ton geste stylé quand tu tires sur ta cigarette. Ce côté Rock n'Roll dans ton attitude.

    Mais fais ça chez toi, seul ou entouré de gens qui fument aussi ou ne sont pas dérangés par ta fumée. 

    Et garde tes mégots.