• Eduquons-nous les uns et les autres

     

     

    Femmes, hommes, jeunes, vieux, tous, au quotidien, nous pouvons nous aider mutuellement.

    Je ne parle pas d'aide matérielle ou technique, ça va de soi, les services rendus ici et là contribuent au bon fonctionnement de la vie en collectif.

    Non, je parle d'une aide mutuelle, qui fait grandir tout le monde.

    Une aide morale.

    Beaucoup trop d'adultes considèrent qu'ils n'ont plus rien à apprendre.

    Pire, certains considèrent qu'ils savent tout mieux que les autres, et surtout mieux que les plus jeunes.

    Moi, je crois qu'on en apprend tous les jours, si l'on veut bien rester à l'écoute, et se remettre en cause, de temps en temps.

    Voilà le plus dur : accepter de se remettre en cause.

    Dans ce monde moderne où tout va vite, où tout le monde est mis en concurrence, pas le temps de réfléchir, pas le temps de tout mettre sur la table, de s'arrêter un moment, de s'assurer qu'on va dans le bon sens, qu'on vit encore dans le vrai, qu'on est encore soi-même.

    Pas le temps pour la psychologie, même si paradoxalement, on n'a jamais vu autant de gens avoir besoin d'un psychologue, et en consulter !

    Oui, c'est ça, notre monde est bourré de paradoxes.

    Dans un monde civilisé, tout est codé. Ce qui est bien, ce qui est mal, tout est évident, écrit, nos valeurs sont claires, transmises à l'école pour les enfants, sous forme de lois ou de " table des moeurs " pour les adultes.

    Et pourtant... La société est loin d'être parfaite. Parce que personne n'est parfait, bien-sûr.

    Tant mieux, des gens parfaits à tous les coins des rues... C'est certainement d'un ennui...

    Il existe un juste milieu entre une société parfaite et une société immorale.

    Notre société actuelle n'est pas très loin de l'être, immorale.

    Il suffit d'un rien, pour qu'elle le devienne totalement.

    Il suffit d'un rien pour qu'elle devienne meilleure.

    Ne comptons pas sur les acteurs politiques et leurs tables des lois hasardeuses pour faire d'elle la plus juste des sociétés.

    Car les vrais acteurs, pour cela, c'est nous, c'est vous, c'est moi, c'est toi.

    Au nom du respect des gens, de leur liberté, de leurs différences, on n'ose pas toujours faire remarquer aux autres leurs errances, leurs excès.

    On a peur de juger.

    On se dit que ça ne nous regarde pas, après tout.

    On se dit aussi parfois qu'on n'aurait peut-être pas envie soi-même d'être jugé par d'autres.

    Au mieux, on accepte les commentaires désobligeants de la part des gens de notre famille.

    Au pire, on n'accepte aucun conseil de personne, et encore moins des remarques.

    Parce qu'on sait, et qu'on n'a pas besoin des autres.

    Et ça donne le monde dans lequel on vit.

    Une foule de gens bardés de certitudes, chez qui la réflexion est devenue bien rare.

    Une foule de gens seuls.

    Qui finissent par aller voir des psychologues.

    Le comble.

    Nous avons tous besoin des autres.

    On voudrait ne pas le reconnaître. Surtout dans une société qui pousse à l'individualisme, à la réussite personnelle, à la concurrence permanente.

    On aime l'idée d'être autonome, indépendant de tout.

    Je pense que le plus indépendant d'entre nous a lui aussi besoin des autres.

    Les autres, c'est le monde dans lequel on vit.

    On existe par et à travers les autres, qu'on le veuille ou non.

    Ou alors, on part vivre en ermite dans la nature.

    A l'abri des autres, de leur présence, de leurs jugements.

    Est-ce que ça vous intéresse ?

    Non ? C'est donc que vous voulez vivre avec les autres.

    Moi aussi, je veux vivre avec les autres.

    Et chaque jour, je tâche de me remettre en question, pour progresser, pour apprendre de mes erreurs.

    Et demain, des erreurs, j'en ferai d'autres.

    Et j'apprendrai encore.

    Et j'espère qu'on viendra me bousculer pour me faire remarquer mes errances du moment, mes conneries passagères.

    Peut-être que je le prendrai mal sur le moment.

    Peut-être que je nierai.

    Avant de réfléchir, et d'accepter d'être éduqué par d'autres.

    Et je dirai merci.

    Heureux d'avoir fait avancer ma réflexion, d'avoir compris.

    Heureux qu'autour de moi, des gens m'aient fait progresser.

    Heureux de ne pas être seul.

    Eduquons-nous les uns et les autres, tous les jours, parce que c'est nécessaire, parce que c'est bon, parce que c'est exaltant.