• (In)conscience collective

     

     

    Inconscience collective ?

     

    Non, c'est pas possible ça. Aujourd'hui, plus personne ne peut décemment dire : " Oh bah merde, je savais pas ! "

    Non, ça c'est pas possible. On est tous le nez collé à des écrans à regarder des infos. Tous les jours. Tout le temps.

    On sait que, en 2018 :

    - Y a toujours des enfants qui travaillent dans des pays qui nous vendent plein de trucs, comme des chaussures et des vêtements.

    - Y a toujours des enfants qui meurent de faim.

    - Y a toujours des dictateurs dirigeant les pays qui vendent pétrole, gaz et autre lithium. A nous.

    - Y a toujours des guerres tuant des civils dans ces mêmes pays.

    - Y a toujours des pays qui polluent en masse.

    - Y a toujours des gens qui consomment pour consommer.

    - Y a toujours une poignée de gens qui font leur richesse sur la pauvreté d'une majorité d'autres gens.

    - Y a toujours des femmes violées et battues.

    - Y a toujours des hommes qui dominent d'autres hommes.

    Et on sait que tout ça, c'est lié.

    Tout est lié.

    Et quand on me lit, on se dit " mais putain, et alors, j'y peux quoi MOI ?! "

    Nos gouvernants, de longue date, ont gravé dans nos têtes le si sempiternel " CHACUN SA MERDE ".

    Bah oui, c'est ça le libéralisme : chacun sa merde.

    Tu réussis ( dans le sens libéral, c'est à dire gagner plein, plein de fric ), tant mieux pour toi, bravo !

    Tu échoues ( dans le sens libéral, t'es chômeur ou smicard ), bah t'es une merde, et tu fais chier, car tu nous coûtes du fric, alors qu'il suffirait que tu te bouges le cul pour devenir riche !

    Donc, forcément, quand vous partez de tels postulats, la faim dans le monde, les enfants qui bossent, les migrants... Bah c'est leur problème.

    Pourquoi avoir une conscience collective ? On va aider tout le monde ? Non. On peut pas.

    Donc : chacun sa merde.

    Diantre ! Y a peut-être un juste milieu entre cette maxime puante et se dévouer totalement aux autres, non ?

    Avoir une conscience collective, selon moi, c'est accepter que nos actes, nos choix du quotidien, ont un impact sur la vie des autres.

    Alors, avoir une conscience collective, ça ne veut pas forcément dire se transformer en Mère Teresa, abandonner son confort acquis, oublier ses passions et se dédier uniquement aux autres.

    Non.

    C'est réfléchir un tant soit peu à nos actes, les remettre en cause. Faire autrement si c'est possible.

    Pour ça, il faut se renseigner. Se tenir au courant des événements géopolitiques. S'intéresser aux différentes cultures. Comprendre l'Histoire, ses tenants et aboutissants.

    C'est passionnant pour les uns.

    C'est un effort pour les autres.

    Une corvée pour certains.

    Voire une perte de temps.

    Tout est fait dans cette société libérale pour vous détourner de cette remise en question pourtant saine.

    Pensez à vous d'abord, surpassez les autres, et vous serez heureux. Les autres... Bah ils n'ont qu'à faire de même.

    Comme ça, vous consommez sans vous poser de questions.

    Et vous oubliez la conscience collective.

    Celle qui vous dit :

    - Tiens, je pourrais acheter des vêtements fabriqués dans le respect des droits de l'Homme.

    - Tiens, je pourrais trouver cet objet que je désire par des circuits de recyclage, de réemploi, plutôt que d'aller l'acheter neuf dans un grand magasin qui produit à outrance, tout en étranglant les petits producteurs, à coups de marges énormes.

    - Tiens, je pourrais boycotter cette marque qui maltraite ses salariés.

    - Tiens, je pourrais signer cette pétition pour contribuer à cette cause humaine et ainsi faire entendre ma voix parmi tant d'autres.

    - Tiens, je pourrais PENSER PAR MOI-MÊME.

     

    Tiens... Je pourrais être ACTEUR de mon monde, et plus seulement spectateur.