• L'imbécile heureux et le subtil pessimiste

     

    Ils ne s'aiment pas, ces deux-là.

     

    L'imbécile heureux n'en démord pas : tout va bien ! Oui, bon, ok, ça merde ici et là... Ouais, c'est vrai. Mais c'est normaaaal. C'est dans l'ordre des choses. On va qu'on le veuille ou non vers un bel avenir, et on ferait mieux de ne pas se prendre la tête plus qu'il ne le faudrait. La vie trouve son chemin, et nous ne sommes qu'une étape parmi d'autres étapes, sur une échelle du temps qui, de toute façon, nous dépasse.

     

    Le subtil pessimiste n'en démord pas, lui non plus : tout va mal ! Tout va mal, bordel ! C'est dans l'ordre des choses. L'Humain est fait pour détruire et s'auto-détruire. On file droit vers la catastrophe. L'Histoire nous l'a prouvé à maintes reprises : L'Homme ne sait faire que détruire. Et bien sûr, pour le subtil pessimiste, nous vivons la pire époque qui soit. La fin du monde, elle est pour nous ! Nous y sommes et nous avons tout fait pour ça.

     

    L'imbécile heureux a bien envie que le subtil pessimiste FERME SA GUEULE.

    D'ailleurs, c'est réciproque...

     

    Pourtant, ces deux-là ont beaucoup à apprendre l'un de l'autre.

     

    L'imbécile heureux enseignerait au subtil pessimiste l'art d'envisager l'avenir avec confiance. Cette confiance basée sur une sorte de renoncement à vouloir tout contrôler, justement parce que l'on ne considère pas particulièrement vivre une époque décisive.

    Le subtil pessimiste enseignerait quant à lui à l'imbécile heureux son art, celui de tout remettre en question, l'air grave, avec une grande méfiance. Parce que nous avons tous un rôle à jouer dans la construction d'un futur pour nos descendants.

    Moi je crois que nous avons tous besoin de ces deux-là : l'imbécile heureux et le subtil pessimiste sont complémentaires.

     

    A eux deux, ils font progresser le monde.

     

    On se torture l'esprit, on débat, on décortique, on analyse. On retient des leçons.

    On rit de nous-mêmes, on savoure ces choses simples de la vie, on se fait plaisir.

     

    S'il venait à en manquer un des deux, l'existence ne serait peut-être pas aussi fascinante.