• Le vrai vote utile : Vivre ensemble

     

               

    En ces jours d'élection présidentielle, j'entends parler sans arrêt de ce fameux " vote utile ".

    Il y aurait donc un vote prépondérant, un vote qui représenterait la garantie d'une élection satisfaisante ou, au pire, un risque minimal. Admettons qu'il existe, ce vote utile. 

    Que vaut-il si nous, les électeurs, ne sommes pas capables de vivre ensemble ?

    Car en définitive, il s'agit bien de ça, non ? Vivre ensemble. Avec nos désaccords, nos différences. Qu'on le veuille ou non, nous vivons en société. A moins de vivre en ermite dans une grotte ou au milieu d'une forêt, il est difficile d'éviter les autres. Nous suivons donc des règles de vie, inhérentes à la vie en société. C'est la civilisation. Nous mettons en commun. Les ressources, le savoir-faire, les efforts.  Les projets, les idées. Les moyens. 

    Pourtant, force est de constater que vivre ensemble, de nos jours, c'est plutôt vivre chacun dans son coin. Chacun amassant argent, biens matériels, denrées. Par peur de manquer ? Peut-être. Par peur des dangers potentiels, comme les catastrophes naturelles et les guerres ? Aussi. Mais... Il y a autre chose. Aujourd'hui, nous amassons pour amasser. Parce que la société nous exhorte à le faire. Posséder pour posséder. Posséder plus que les autres, tant qu'à faire.  Viser toujours plus. C'est la société de consommation. 

    Je me pose la question : comment vivre ensemble, dans cette société de consommation ? Peut-on encore parler de vivre ensemble ? Pour vivre ensemble, il faut vivre AVEC et POUR les autres, et non pas CONTRE les autres. Nous perdons trop de temps à nous regarder en chiens de faience. Nous ne nous comprenons pas. Nous nous méfions les uns des autres. C'est la résultante de cette société de consommation : les autres sont potentiellement des obstacles, des rivaux dans notre quête de biens matériels et d'argent. 

    Nous avons tous deux bras, deux jambes. Nous aspirons tous à être heureux. Nous aspirons tous à l'amour. Nous aspirons tous à vivre. Alors nous devrions facilement nous comprendre. Nous sommes semblables, malgré toutes nos différences. Mais les excès d'une société basée sur l'amour des objets nous divisent.

    Nous sommes faits pour partager. Nous avons cette conscience collective. Celle qu'on apprend tout petit, en famille, auprès de nos parents. Nos besoins sont les mêmes : se nourrir, avoir un toit au-dessus de nos têtes. S'aimer. Eveiller nos esprits. S'adonner à l'art. Réfléchir à l'existence. 

    Si l'on fait tout ça ensemble, on y gagne. Dans le jargon du sport collectif, on dit souvent : " On gagne ensemble, on perd ensemble ". Je crois que cette devise s'applique parfaitement à la vie en société.

    On gagne ensemble, on perd ensemble.  A trop se replier sur soi, par crainte de perdre son petit confort, eh bien on perd son petit confort.

    On s'expose aux inégalités. Aux violences. Au malheur. C'est ce qui nous arrive actuellement, plus que jamais. Nous arrivons aux limites de la société de consommation.

    Les ressources de la planète ne sont pas éternelles. Elles doivent être partagées plus équitablement, elles doivent être mieux utilisées. 

    On s'expose à l'intolérance. A la haine de celui qui est différent.

    C'est la porte ouverte à toutes les discriminations, souvent utilisées pour accaparer le pouvoir.

    Alors, à l'heure d'élire un nouveau président, à l'heure d'évoquer un hypothétique vote " utile ", tâchons d'abord de remettre en question notre façon de vivre.

    Si nous ne vivons pas ensemble, aucun gouvernement, aussi humaniste soit-il, ne saura apporter justice, égalité et bonheur à tous.

    A l'inverse, aucun politicien, aucun programme politique ne peut ébranler une population unie et solidaire.