• Les masculinistes

     

    Impossible ces temps-ci de passer à côté des questions traitant de l'égalité entre les hommes et les femmes. Ou entre les femmes et les hommes ( pour être galant ) ...

    Galanterie, parité, égalité, franchement les amis, je vous le dis : je suis perdu.

    Mon point de vue à moi, il est pourtant parfaitement clair : nous devons tous avoir les mêmes droits, nous méritons tous le respect de nos intégrités physique et mentale, que l'on ait un vagin ou un pénis entre les cuisses.

    C'est bien sûr clairement le discours des féministes. Les plus virulentes, les Femen, se font entendre à coups de buzz médiatiques, exhibant leurs seins devant des politiciens ou des prêtres. Admettons. Cela peut être efficace.

    Les plus modérées se font entendre par des campagnes de sensibilisation sur le rapport hommes/femmes dans la société. Par des revendications officielles auprès du gouvernement. Egalité des salaires, des droits en général... La fameuse écriture inclusive ( vous aurez remarqué que je n'applique pas cette nouvelle doctrine : en effet, je vous mets au défi de lire un de vos romans préférés réédité de la sorte ), respect du non-consentement à un rapport sexuel.

    Cela semble évident, non ? L'écrire me semble même incongru.

    Oui, ça parait évident que si une femme décline les avances d'un homme, elle n'a pas à se justifier. Elle refuse, elle éconduit le bonhomme, fin de l'histoire.

    Oui, ça parait évident qu'une femme qui occupe le même poste qu'un homme doit toucher le même salaire. Compétences égales, horaires similaires, donc un salaire équivalent.

    Mais, non, en 2018, ce n'est pas évident.

    Pourquoi ?

    A cause des hommes ? Certainement. Les vieilles traditions ont la dent dure. Dans encore trop de familles, le rapport entre le sexe féminin et le sexe masculin est digne des années 50. Ces années durant lesquelles la place de la femme était claire : bonne épouse, dévouée à son mari, bonne cuisinière, et bien sûr bonne maman, à la maison.

    Puis les femmes se sont mises à travailler petit à petit comme les hommes. Bouleversant cet " ordre des choses ".

    Les hommes les plus machos vous le diront tout net : le travail des femmes, désertant le foyer, est la cause numéro 1 du chômage. Elles prennent la place des hommes ! Alors, pour eux, la question de l'égalité des salaires a une solution formidable, toute trouvée ! Retour de nos chères épouses à la maison !

    Pourtant, il est simple de constater que, de nos jours, c'est bien ardu de faire vivre un ménage quand seul un des deux travaille.

    Le macho n'est pas à une contradiction près.

    Mais... Comme je le disais plus haut : je suis perdu. Je réfléchis.

    Je ne comprends pas pourquoi en 2018, on a besoin de féministes.

    Y aurait-il tant d'hommes en défaveur de cette égalité en tous points ?

    Non, il y a autre chose.

    Tapies dans l'ombre, les masculinistes sont là. Elles s'ignorent pourtant, mais elles sont bien là, freinant chaque jour le progrès.

    Ces femmes, nombreuses, qui entretiennent le sexisme, ce sexisme jamais rayé de la carte.

    Elles font l'éloge de la virilité chez l'homme. Choisissent trop souvent le plus " mâle " d'entre eux dans une soirée, même si c'est un connard. Sont donc volontiers homophobes ( au mieux, l'homo de service est vraiment trop sympa, il écoute et comprend comme une femme ! ). Aiment que le mâle porte les charges lourdes car c'est lui qui a les muscles. Apprécient qu'on leur ouvre ou tienne la porte. Trouvent normal que le mâle règle l'addition. Qu'il conduise la bagnole. Qu'il ramène des capotes car c'est un truc de mec.

    Les masculinistes sont redoutables, car elles sont partout.

    Elles ont tous les âges.

    Elles anéantissent tout le travail de fond de leurs soeurs féministes.

    Elles encouragent les plus rustres des hommes à continuer de se comporter en bons vieux mâles. Elles tuent dans l'oeuf la plus simple des remises en question chez les autres hommes, ouverts à un changement de mentalité mais bon, est-ce important, tout va bien, tout le monde est content.

    Elles rendent indispensables l'existence des féministes.

    La société composée d'êtres égaux en droits, qu'on ait un pénis ou un vagin, elle existera quand la question du sexe, du désir sexuel, de la soumission, des rapports de force, se désolidarisera complètement de celle de son fonctionnement. Plus personne n'aura à justifier ou revendiquer ni droits, ni sexualité, ni virilité.

    Pour cela, les féministes - femmes et hommes - doivent convaincre tout le monde : hommes ET femmes.