• Lire, c'est agir

     

    Personnellement, j'ai toujours aimé ça, lire, depuis que je suis tout petit.

    Le moindre bouquin, la moindre encyclopédie, tout ce qui avait des pages à tourner attirait mon attention.

    N'ayant alors que peu accès à la télévision - je remercie mes parents pour cela, d'ailleurs - ma fenêtre sur le monde, c'était le livre.

    Mon intérêt se portait notamment sur les écrits illustrés.

    Je me souviens d'une collection d'ouvrages dédiés aux grands personnages historiques, ou mythiques.

    D'Alexandre le Grand à Louis XVI, en passant par Ulysse et Du Guesclin, je me régalais autant des illustrations que des récits et nombreuses chronologies présentées sous forme de frises...

    Les romans policiers d'Agatha Christie, les pièces de théâtre à la Beaumarchais me fascinaient tout autant, mais clairement, les voyages dans le passé permis par les encyclopédies ont toujours eu ma préférence.

    A lire autant, forcément, on finit par aimer et maîtriser l'orthographe. 

    Ça semble logique, non ? 

    Certains diront peut-être que non. 

    Ils prendront pour exemple ce phénomène nouveau de l'internet, sur lequel surfent les plus jeunes, bercés par ce nouveau moyen de communication.

    Ces jeunes, et moins jeunes, qui passent leur temps à écrire et lire des messages multiples, ne sont pas pour autant des champions de la dictée, loin s'en faut.

    L'écriture abrégée, aussi largement employée dans le langage textuel, sur les téléphones portables, semble tuer l'orthographe.

    On ne parle même plus de fautes d'orthographe, mais plutôt d'une orthographe carrément dénaturée.

    Les puristes, amoureux du livre, des lettres, crient au scandale.

    Ils voient le verre à moitié vide.

    Je préfère le voir à moitié plein.

    Et pourtant, que je hais les fautes d'orthographe et autres abréviations sauvages...

    Mais il reste pourtant qu'Internet constitue un formidable moyen de communication, un moyen d'échanger, et d'avoir accès à tant d'informations.

    Internet, finalement, c'est un gros bouquin illustré.

    Le plus gros bouquin du monde.

    Un bouquin évolue grâce à celui qui le lit. 

    On tourne ses pages, et il prend vie. Il nous parle. Et on lui ouvre notre esprit.

    Qu'est-ce qu'un livre fermé prenant la poussière dans une bibliothèque ?

    Pas grand chose.

    C'est pareil avec Internet.

    Qu'est-ce qu'Internet si on ne le fait pas vivre ?

    On clique sur des liens, qui nous amènent à d'autres liens, on interagit avec d'autres personnes. 

    Bien-sûr, Internet regorge de déchets en tous genres.

    N'est-ce pas la même chose avec les livres ? Certains n'ont aucun intérêt à être lus.

    Ce n'est pas le livre qui vous fait, c'est vous qui faites le livre.

    Ce n'est pas Internet qui vous fait, c'est vous qui faites Internet.

    Ce n'est pas la société qui vous fait, c'est vous qui faites la société.

    Que ce soit sur des feuilles de papier ou sur un écran, les idées vivent à travers celui qui lit.

    Et les idées mènent à l'action.

    Alors lisons, car lire, c'est agir.