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    C'est tout bête une roue.

    C'est rond et ça tourne. Tellement bête et simple qu'on ne se pose même plus la question de son invention, et de son impact absolument phénoménal sur la vie des humains.

    Pourtant, y a bien un quidam, un jour, un matin, ou un soir avant de se coucher, qui s'est dit soudainement : " Mais c'est pas vrai, j'ai une idée de fou !!!! "

    D'ailleurs, quand a t-on pour la première fois usé du concept de roue... ? Vite vite, Wikipédia ! Ou bien une bonne encyclopédie sur les inventions.

    En ratissant large, allez, on dit qu'il faut remonter à environ 3000 ans avant Jésus-Christ pour trouver la première trace de l'usage d'un dispositif circulaire destiné à mouvoir des objets, en l'occurrence déjà à l'époque les premiers chariots.

    Cela fait donc 5000 ans en gros que la roue existe. 

    Mais qu'est-ce qu'une roue ? Définition ! " Une roue est une pièce mécanique de forme circulaire tournant autour d'un axe passant par son centre. " 

    C'est tellement évident, une roue. Et puis ça roule tout seul. C'est une machine simple.

    Encore fallait-il y penser ! 

    Merci donc aux êtres de l'époque qui l'ont inventée, nous facilitant grandement la vie.

    Car que serait le monde sans la roue ?

    ... Et si personne n'avait jamais inventé la roue ?

    Bah... On aurait peut-être des roues carrées ? Ou des roues ovales ?

    En voiture ou à vélo, question confort et tenue de route, pas terrible... En avion, songez ! Quel enfer au décollage !

    Blague à part, essayons d'imaginer un instant l'humanité, sans que la roue n'ait jamais existé.

    Pas de chariot. Pas de voiture ni de camion. Pas de train. Pas de longs déplacements d'objets et de matériaux lourds. Pas de construction de grands édifices. Pas de villes gigantesques.

    Seuls les océans et les mers auraient permis de se déplacer à grande échelle, grâce au bateau.

    Peu de rencontres entre civilisations éloignées. Peu d'échanges culturels entre ethnies radicalement différentes. Peu de métissage.

    Pas de conquêtes au bout du monde. Pas de grands conflits mondiaux.

    Peu de commerce international. Pas de mondialisation. Pas de colonisation. Pas d'empires coloniaux. Pas de pillage des ressources de pays pauvres par des pays riches.

    Attendez, je suis en train d'écrire tranquillement qu'à cause de la roue, l'humanité s'est perdue en route ?!

    La roue a révolutionné notre monde.

    D'ailleurs, beaucoup d'autres inventions découlent directement de celle de la roue.

    Sans la roue, pas d'avions qui décollent, comme je disais plus haut.

    Et au quotidien, chez le citoyen lambda ?

    Pas de tourniquet dans les parcs de jeux pour les enfants ! Pas de CD ! Pas de frisbee !

    Pas de tarte de pommes ! Pas de pizza ! Pas de lunettes rondes.

    Notre monde serait beaucoup moins rond, en fait.

    Pas de notes de musique.

    Mais la roue existait avant qu'on ne l'invente. Dans le ciel. Une pleine lune qui brille dans la nuit. Dans les arbres. Une orange bien juteuse.

    Dans l'eau. Ces cercles dans l'eau, qui se forment quand on y jette un caillou.

    Dame Nature nous montre le chemin. Elle nous a toujours montré le chemin.

    A toute époque, elle s'offre à nous, malléable, riche, variée, colorée. Elle n'attend rien de nous.

    Peut-être que c'est en jetant un caillou dans l'eau que l'idée de la roue est née dans l'esprit d'un homme ou d'une femme.

    Peut-être que c'est en restant un peu plus à l'écoute de Dame Nature qu'on fera en sorte que le monde tourne à peu près... rond.

     

     


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    Je suis papa.

    Papa assumé, heureux. J'ai trouvé une petite femme adorable pour vivre cette aventure de la parentalité avec moi.

    J'entendais avant d'être père " tu verras, ça chamboule la vie ! " Ou alors " ta vie, elle n'est plus jamais comme avant une fois que tu deviens parent. "

    Et c'est vrai. Tellement vrai.

    Dès les premiers jours de notre premier petit loup à la maternité, j'étais, comment dire, mitigé.

    Bouleversé de bonheur par l'arrivée de ce petit bébé, et en même temps terrifié par cette petite vie qui venait s'incrustrer chez nous. Comme un boulet qu'on venait d'accrocher à mon pied.

    J'ai eu tellement honte de penser ça ! Mais je l'ai pensé. Et je l'ai dit peu après à ma douce.

    Cela n'enlevait rien à l'amour que j'allais donner à notre enfant. Je n'avais aucun regret. C'était juste une prise de conscience. D'un changement de vie incontournable.

    J'ai appris à changer une couche, donner un biberon. A pousser une poussette sur des trottoirs défoncés ! A rester à la maison parce que bébé dort.

    Et j'ai appris surtout à aimer être papa.

    Le regarder rire. Le faire rire ! Le coller à moi pour savourer son odeur de petit bonhomme. Le regarder courir. Le regarder observer le monde. Le regarder jouer avec d'autres enfants. Le regarder dormir paisiblement.

    Depuis, un petit frère est arrivé. Avec tout autant de bonheur. Et bien moins de stress au premier abord que pour son grand frère.

    Bah ouais, je me suis vu beau, genre c'est bon j'ai l'expérience, facile ! Je gère. Je suis un pro maintenant.

    Mais j'ai pris une claque ensuite : avoir deux enfants, c'est pas comme en avoir un seul !!

    J'avais largement sous-estimé le boulot engendré.

    Pas seulement l'aspect matériel.

    Bébé 2 a une place différente. Il veut montrer qu'il existe. Il est influencé par son frère. Il est différent. Il n'aime pas les mêmes choses.

    Pas de copier/coller quand on s'occupe d'enfants. J'avais pourtant très naivement imaginé que c'était aussi simple que ça.

    On prend les mêmes méthodes et on recommence. Je gère.

    Non non. Ces petites personnalités s'expriment, et elles ne sont pas dupes !

    Aujourd'hui, les petits loups ne sont plus des bébés. Ce sont deux petits garçons.

    J'aime les regarder jouer ensemble. J'aime les prendre tous les deux, les " capturer " comme je leur dis, les voir hurler de rire sous mes chatouilles.

    Je suis heureux d'avoir offert à mes poulets la chance d'avoir un frère.

    Et pourtant...

    J'ai parfois pensé, dépassé face à l'énergie accaparée par deux petits gars en furie, qu'un seul enfant aurait largement fait mon bonheur.

    J'ai pensé quelques temps que j'aimais bien plus fort mon premier fils.

    J'ai eu tellement honte de le penser. Mais je l'ai pensé. Oui, un seul enfant aurait peut-être suffi à mon bonheur de père.

    Mais j'aurais été malheureux d'avoir un fils unique.

    Bon, vous vous dites, il est un peu perdu dans sa tête, le papa !

    Bah oui, je vous le dis depuis le début, et on me l'avait dit : devenir parent, ça chamboule !!

    Attendez, c'est pas fini.

    Un matin, je jubile en voyant débouler nos nains à 7h, prêts à sauter sur notre lit ( alors qu'on est dedans, à peine réveillés évidemment ), s'asseoir sur nos têtes, nous crier dans les oreilles. J'aime regarder ces boules d'énergie nous communiquer leur joie de vivre.

    Le midi, les nains m'exaspèrent pendant le repas catastrophique. Ils ne veulent rien, aucun des 4 ou 5 plats que j'ai fait pour eux, n'écoutent rien, et je me dis alors " vivement qu'ils soient grands et qu'ils me lâchent la grappe, j'en ai ma claque !!!! "

    Je les imagine enfin adolescents, autonomes. Plus sur mon dos.

    Je les imagine même jeunes adultes.

    Puis cette pensée me terrifie : bah non, je veux qu'ils restent des petits loups, moi !! Ils sont si mignons et si rigolos à attraper.

    Comme une nostalgie anticipée, comme s'ils avaient déjà quitté la maison.

    Je veux qu'ils aient besoin de moi !

    Mais je n'ai pas envie qu'ils aient besoin de moi toute la vie !

    Bon.

    Vous pensez que je dois aller voir un psy ? Why not. Arrêtez, je vais le rendre dingue avec mes tergiversations.

    Quelle expérience humaine que la parentalité.

    Quelle fantastique expérience, qui me remplit l'âme. Qui me questionne tant mais qui me donne aussi plus que jamais foi en la vie.

    J'aime les questions diverses et variées de notre grand bonhomme. J'aime sa curiosité. J'aime regarder son frère nous écouter. Répéter nos mots.

    J'aime les voir vivre.

    Quelle belle aventure !

     


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    Dans la vie, il faut RÉUSSIR.

    C'est ce que vers quoi tout nous mène. Notre éducation, notre scolarité, notre parcours professionnel.

    C'est comme ça qu'on rend fiers nos parents et nos grands-parents. C'est comme ça qu'on est envié par les anciens camarades de classe.

    Réussir.

    La réussite, au sein de notre société moderne, elle se construit petit à petit.

    Tout d'abord, si possible, décrocher un bon diplôme, qui claque bien. Un + avec un 4 ou un 5 derrière, ça, oui, ça donne.

    Ensuite, décrocher un bon poste, sous l'aile d'un supérieur hiérarchique qu'on flattera à tout va, en espérant vite prendre sa place.

    Puis, c'est être carrément le boss. Décider de tout, disposer. Manager. " to manage ", réussir en anglais !

    C'est avoir le gros salaire.

    Mais la réussite, c'est aussi créer sa propre affaire !

    Faire une étude de marché. Lancer un nouveau concept. Attirer une banque, un investisseur. Qu'on flattera à tout va.

    C'est lancer une production. Avoir des objectifs d'expansion. Augmenter le chiffre d'affaires !

    Augmenter encore le chiffre d'affaires ! Agrandir l'outil de production, les locaux.

    Embaucher ! ( mais pas trop. )

    Augmenter le chiffre d'affaires !

    Voir plus grand.

    Augmenter les marges. Négocier avec les sous-traitants. Obtenir des meilleurs prix. Baisser les coûts.

    Augmenter le chiffre d'affaires. Baisser les coûts. Ah, y a pas à dire, c'est excitant ! C'est la vie !

    Délocaliser. Profiter de la main-d'oeuvre pas chère des pays pauvres. ( pour les aider avant tout, n'est-ce pas ? )

    Augmenter le chiffre d'affaires. Baisser les coûts. Négocier avec les sous-traitants. Négocier des matières premières moins chères.

    Devenir le leader du marché.

    Un jour, le summum est atteint.

    Vous êtes le meilleur des meilleurs. Vous êtes richissime. Vous avez écrasé à peu près tout ce qu'on peut écraser pour pouvoir RÉUSSIR.

    Oui, vous avez réussi.

    Ça fait bander, non ?

    Ce parfum si puissant de pouvoir.

    Voilà ce qu'on vend ( ah bah oui, vendre, rien n'est gratuit les amis ) à nos jeunes. Dès l'école.

    Notre propre président de la république aimerait que les jeunes rêvent d'être milliardaires.

    Comment devient-on milliardaire ?

    En augmentant le chiffre d'affaires, en baissant les coûts, en négociant avec les sous-traitants pour baisser les prix, en délocalisant la production. En étranglant les petits fournisseurs. En exploitant la main-d'oeuvre. En sur-produisant, en polluant, en détruisant les ressources naturelles.

    On devient milliardaire en envoyant se faire foutre à peu près tout sur cette planète.

    Voilà ce que nos jeunes se voient offrir comme modèle par nos élites.

    Ces mêmes élites qui s'étonnent de voir la jeunesse perdue, sans valeurs, sans respect des valeurs humaines. Comme c'est étrange.

    Vous rêvez de ça, vous ? Vous rêvez de ça pour vos enfants ?

    La " réussite " au mépris de toute valeur humaine.

    En même temps, je les comprends, nos amis milliardaires : les valeurs humaines, ça fait perdre beaucoup d'argent.

     


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    Cela ne fait que quelques jours que nous devons désormais rouler à 80 km/h sur les routes. Pas les voies rapides et les autoroutes, les amis, calmez-vous !

    D'ailleurs, il suffit de quelques jours pour se rendre compte qu'en effet, on se calme sur la route.

    Je suis en vacances cette semaine. Je me balade à la campagne, et j'ai donc l'occasion de tester les 80 km/h.

    Et je constate avec plaisir que les nombreux hurluberlus ( euh, en fait 90% des gens ) qui me collaient le pare-chocs quand je restais calé à 90 km/h ont quasiment disparu.

    Je suis même agréablement surpris.

    La seule mesure intéressante de notre Président Macron semble porter ses fruits : calmer les gens sur la route. Cela veut dire ralentir, prévenir, diminuer le risque d'accidents, lesquels ont surtout lieu sur ces routes de campagne qu'on connait si bien.

    Bien sûr que cette mesure est politique, et quelque part hypocrite : le gouvernement y voit là une belle occasion de faire de l'argent ! C'est évident. Mais...

    Ne tient-il pas qu'à nous de ne pas lui faire plaisir, à ce gouvernement de financiers ?

    Roulez cool ! Ecoutez de la musique. Regardez les vaches. Réfléchissez  à la vie. Prenez le temps.

    Et vous ne vous ferez jamais flasher. Et vous serez moins stressé. Et ce sera moins dangereux pour tout le monde !

    Forcément, si vous considérez que vous n'avez pas le temps pour ces conneries... Bah oui, y aura toujours le conducteur zélé, qui n'a pas le temps, ah non : " j'ai pas le temps, je bosse moiiiiii, faut que je douuuuuuuuuuuble, viiiiiiiiiite !!!!! "

    Et le pire, c'est que c'est le même conducteur qui va pester parce qu'il s'est fait flasher par le radar. Tu creuses un trou, le mec il saute dedans.

    Celui-là, quand c'était 90, il roulait à 110. Histoire d'être le roi de la route quoi. Eh bien maintenant, il roulera à 100 au lieu de 80. C'est toujours ça de gagné, non ? Et puis il continuera de remplir les caisses de l'Etat, en bon volontaire. Et il continuera de se plaindre.

    Doit-on laisser la route à ce genre de conducteur qui se fout des autres ?

    C'est pour ça que j'applaudis cette mesure des 80km/h, comme je disais plus haut, la seule mesure valable du gouvernement Macron.

    Tout va trop vite dans notre société.

    Ralentissons. Commençons par la route !


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    Heureusement, je suis enregistré dans un fichier. On va retrouver ma trace. Constater que ma gueule est bien celle sur la photo. Constater que je suis bien celui que je dis être. Constater que je suis bien né ici. Constater que je suis digne de vivre dans mon pays.

     

    Heureusement, j'ai une famille qui m'a fait naître ici. On me connaît, j'ai des amis. J'ai étudié ici, décroché des diplômes. J'ai donc une certaine valeur. Je suis digne de vivre dans mon pays.

     

    Heureusement, je parle assez correctement ma langue. On me comprend. Je peux communiquer avec les autres. Je peux lire les journaux, des livres. Je suis digne de vivre dans mon pays.

     

    Je suis français. J'ai donc une certaine valeur. Et je suis digne de vivre dans mon pays.

     

    Je n'ai rien à prouver. Je n'ai aucun mérite particulier. Je peux être un gros con, stupide, violent, misogyne, raciste, je reste un français. J'ai donc une certaine valeur. Je suis digne de vivre dans mon pays.

     

     

    Qu'ont-ils donc ces étrangers, à venir en masse, par bateau, chez moi ?

    Je ne les connais pas. Ils n'ont pas de papiers. Pas de fichiers enregistrés à leurs noms. Pas de photos de photomaton.

    Ils n'ont pas de famille ici. Pas d'amis. Ils n'ont rien. Ils ne sont rien.

    Ils ne parlent pas ma langue. Je ne les comprends pas. Ils ne savent même pas lire un journal de mon pays.

    Ils sont étrangers. Ils peuvent être bons, pacifiques, dévoués, humains. Ils n'ont aucune valeur.

    Ils ne sont pas dignes de vivre dans mon pays.

     

     

     





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