•  

    Bon, déjà, demain c'est quand ?

    C'est dans 200 ans ? Dans 20 ans ? La semaine prochaine ? Ou vraiment demain ?

     

    Quand je dis l'Homme, vous aurez bien noté le H, majuscule !

    L'Homme, quel que soit son sexe, femme, homme ou transsexuel.

    L'Homme, en tant qu'être humain.

    Etre humain, qu'est-ce que ça veut dire au fait ?

    Bon, j'arrête de balancer des questions dans tous les sens sans y répondre, en me la jouant philosophe à deux balles.

    Je reviens au sujet abordé. Au titre : " L'Homme de demain "

     

    L'Homme de demain, je voudrais qu'il soit... A l'écoute.

    C'est pour moi le principal défaut de nous autres bipèdes si intelligents, façonnant le monde à notre image, sans la moindre limite.

    Un monde devenu une machine à produire, du fric et des objets. Du fric et des objets. Du fric et des objets.

    Du fric et des objets devenus une fin. Alors qu'ils ne sont que des moyens. Des moyens de vivre ensemble, en société, en bonne intelligence, en s'écoutant les uns les autres.

    Mais...

    Nous n'écoutons pas. Nous n'écoutons ni nos semblables, ni la nature qui nous envoie mille messages, messages de bienveillance ou de mise en garde.

    Nous nous évertuons à foncer tête baissée vers on ne sait quoi, parce qu'on nous a appris qu'il fallait foncer tête baissée vers on ne sait quoi.

    On consomme, toujours plus. On accumule, toujours plus. On cherche à posséder, toujours plus.

    Et on n'écoute pas le monde.

    Le monde nous parle pourtant en permanence, nous offrant tant de merveilles, non tarifées, pas en solde, juste là, gratuites et à disposition.

    Mais nous préférons l'immédiateté d'un achat, d'un divertissement vite consommé, et on passe au suivant, frénétiquement.

    On ne prend pas le temps d'écouter, de s'écouter soi-même. On suit le mouvement.

    C'est pratique de suivre le mouvement, ça évite de se poser des questions.

    C'est pratique de ne pas se poser de questions, ça évite de se remettre en cause.

    Et ne pas se remettre en cause, c'est continuer à foncer tête baissée vers on ne sait quoi.

     

    Oui, vous êtes bien sur " L'optimisme est de rigueur ", sans nul doute.

    Je suis farouchement optimiste, mais aussi méchamment impatient.

     

    Impatient de faire connaissance avec l'Homme de demain.

    Impatient d'être à demain.

     

    Et demain, ça peut être vraiment demain.

    Demain, on ne sera toujours pas parfait.

    Demain, on ne sera pas plus gentil, pas plus moral qu'hier.

    Demain, on fera toujours des erreurs.

    Mais demain, on peut enfin se mettre à écouter.

    Ecouter le voisin, écouter les oiseaux, écouter le silence, écouter son esprit.

    Ecouter ses envies, écouter les envies d'autrui, et cesser enfin de foncer tête baissée vers on ne sait quoi.

    Ecouter la différence, écouter l'étranger, écouter l'enfant, écouter l'animal.

    Demain, on peut se mettre à prendre le temps. Prendre le temps de savoir qui on est, comment l'on vit, avec qui, où.

    Demain, on se remet en question, on met tout sur la table.

    Demain, on n'attend pas d'être à demain pour changer !

     

    Demain, c'est vraiment demain.

     


  •  

     

    Les gens, tu leur dis qu'il y a quelques milliers de milliards de dollars planqués dans des paradis fiscaux, ils continuent de regarder de travers le voisin qui " se la coule douce " sans bosser en touchant son RSA de 500 euros par mois.

     

    Les gens, tu leur dis que nos dirigeants sont des escrocs, des êtres corrompus, ils continuent de les élire, élection après élection.

     

    Les gens, tu leur dis que quand ils font les soldes, ils contribuent à l'esclavage de miséreux et d'enfants dans les pays pauvres, ils continuent de se ruer dans les magasins pour acheter moins cher, et acheter beaucoup.

     

    Les gens, tu leur dis que la planète est polluée et qu'on peut y remédier, ils continuent de rêver d'un gros 4x4 qui consomme 20 litres aux 100 kilomètres, avec lequel ils n'iront jamais rouler sur des chemins de terre.

     

    Les gens, tu leurs dis que c'est dangereux de rouler vite, ils continuent d'ignorer les limitations de vitesse et de coller le pare-choc du véhicule devant, tels des rois de la route.

     

    Les gens, tu leur dis que si les migrants débarquent chez nous en nombre, c'est parce qu'on exploite depuis des décennies leurs richesses chez eux, ils te répondent qu'ils n'y peuvent rien, que c'est pas leur problème.

     

    Les gens, une fois que tu les as bien gavés, à leur balancer tout ça à la figure, ils te laissent tout seul.

     

    Ils regardent les infos à la télé.

    Ils se disent " Mais où va le monde ? Ces enfants qui travaillent, ces guerres, cette crise économique, cette pollution, ce chômage... "

     

    Le monde, il va exactement où on le mène.

     

    Et c'est uniquement TA faute.

     

     


  •  

    Tout seul au cinéma. Est-ce que cela vous est déjà arrivé ?

    Il y a encore peu, cela me semblait inimaginable. Aller seul voir un film au cinéma, quelle idée.

    S'installer dans son siège, entouré de couples, de groupes d'amis, tous en grande conversation pendant les bandes-annonce et les publicités. Attendre que les lumières s'éteignent enfin pour que personne ne remarque que ce type, là, moi, est venu au cinéma, seul.

    Que va t-on penser ? Il n'a pas d'amis. Pas de vie sociale. Pas de famille.

    Au point de sortir seul.

    Le " qu'en dira t-on ? " constitue une hantise terrible dans notre société du paraître.

    Pourtant, j'en ai des amis. Une vie sociale. Une famille.

    Mais voilà, pas toujours facile de se croiser, les uns les autres face à nos horaires de travail, notre vie de famille, nos occupations personnelles. Sans parler de l'éventuelle distance géographique qui complique encore la tâche.

    Comment fait-on, dès lors, quand on adore aller au cinéma, mais que personne n'est jamais libre ?

    On n'y va pas.

    Ou alors on y va, en faisant fi des regards. Après tout, peut-être bien que tout le monde s'en fout, du type venu tout seul au cinéma.

    Peut-être qu'on se donne trop d'importance, face aux autres. On croit parfois devoir assumer des regards qui n'existent que dans notre tête.

    Et quand bien même ces regards seraient réels, l'essentiel n'est-il pas d'être en accord avec soi-même ?

    J'ai envie de voir ce film, personne n'est libre, alors j'y vais seul. Point !

    La clé du bonheur se trouve sans doute là.

    Apprécier sa propre compagnie, comme on apprécie celle d'un ami.

    Etre son propre ami.

    On a besoin des autres, selon moi. C'est à travers autrui que l'on s'accomplit, parce que l'être humain est fait pour ça, pour vivre avec ses semblables.

    Cela n'empêche nullement d'apprécier la solitude, de temps à autre. C'est même très sain. Se retrouver avec soi-même. Pour mieux retrouver les autres, le monde extérieur.

    C'est relativement facile de trouver un peu de solitude, chez soi, en mode je glande, même pas habillé, vautré dans le canapé, devant un film, avec un bon livre, ou en ne faisant tout simplement rien.

    Encore que. La vie de famille vous prive parfois de ces moments nécessaires, pendant lesquels on peut ne penser qu'à soi.

    Il est alors très tentant de s'en extirper. En allant seul au cinéma par exemple ?

    Voilà que j'y ai pris goût. S'installer dans son siège, lire un journal, sans s'inquiéter de ce que pensent les autres.

    Je viens voir un film, avec un super ami : moi-même.

    Ne fait-on pas du sport seul, parfois ? Pour son propre bien-être. Pour passer du temps avec soi-même.

    En ces temps perturbés par des conflits d'ordre idéologique, confrontés à un écroulement des valeurs simples de la vie, au profit de l'individualisme et de l'accumulation de biens, il serait bon de revenir à l'essentiel : prendre soin de sa petite personne, si anonyme soit-elle.

    N'est-ce pas une forme d'individualisme ?

    Je n'en crois rien.

    Ne confondons pas individualité et individualisme.

    C'est fou, à notre époque, beaucoup trop d'entre nous servent cet individualisme sinistre, qui nous sépare, nous divise, constituant un véritable nid à conflits.

    Alors que dans le même temps, les mêmes personnes piétinent littéralement leur individualité, n'affirmant jamais leurs goûts, leurs envies, leurs rêves. Ils se contentent de suivre. De ressembler. Ils s'assurent de ne pas se faire remarquer. Surtout pas.

    Trop à perdre : statut social, réputation, biens matériels, la base de la société consumériste.

    Rien à gagner : être soi-même, amour-propre, remise en question, réflexion, rêve, tout ça ne rapporte rien.

    J'irais bien voir un film, cette semaine.

    Seul, ou accompagné. Le plaisir sera grand dans les deux cas !

     


  •  

    Moi, j'étais très Superman, quand j'étais tout jeune. Puis Batman. En grandissant, ce sont des stars du sport qui m'ont fasciné... Ayrton Senna, Alain Prost, Roger Federer, pour ne citer qu'eux.

    Des acteurs, Charlie Chaplin d'abord. Lino Ventura, Jean Gabin, Jean-Paul Belmondo, qui jouaient dans ces films policiers que mes parents regardaient encore et encore. Des comiques aussi, tels Pierre Richard et Louis de Funès dont j'enviais la pitrerie, moi qui étais si timide.

    Des chanteurs, Michael Jackson, Prince, Sting, Nirvana, U2... Leur musique, leur style, leur aura, sont dans ma tête pour toujours.

    Enfin, en m'intéressant aux sciences humaines au sens large, j'ai éprouvé une grande admiration pour Pierre et Marie Curie, découvrant leurs travaux dans de grosses encyclopédies. J'ai dévoré les récits de Marco Polo, m'imaginant avec lui, dans les steppes de Mongolie.

    Nous nous inspirons tous les uns des autres. Et forcément, ce sont ceux qu'on voit à la télévision, dans les livres, qui nous passionnent le plus.

    On s'identifie à eux, on s'imagine à leur place.

    Parfois, on voudrait suivre leur voie, faire tout comme eux.

    En les aimant, on essaie de s'aimer soi-même.

    Certains y arrivent très bien, d'autres non...

    C'est peut-être le problème de notre époque. Nous sommes mis en concurrence, dans tous les domaines.

    Dès l'école, il faut avoir la meilleure note pour rendre fier Papa et Maman et pouvoir se moquer du cancre.

    Et ça continue sur le marché du travail, diplôme en poche ou non. Toujours devoir faire ses preuves, dépasser le rival, l'ennemi. Il faut être meilleur que l'autre.

    On n'y arrive pas toujours. Alors on se renferme sur soi-même. On repense aux héros de notre enfance, ceux-là même qui ont tout réussi, vivant pleinement leur rêve.

    Ils nous stimulent et nous découragent à la fois. Ils sont tellement doués, sur leur piédestal. Quand moi, je ne suis qu'un anonyme qui n'a pas leurs dons.

    Je n'y arriverai jamais. Je ne suis pas à la hauteur. Ce n'est pas pour moi. Je n'ai pas de talent. Je n'ai pas le physique de l'emploi. Je suis trop petit. Je suis trop gros. Je suis trop maigre.

    C'est si facile de sombrer dans l'autoflagellation.

    On perd aussitôt l'estime de soi. On réfléchit à pourquoi on échoue, au lieu de réfléchir à comment on peut réussir.

    Il faut pourtant s'aimer soi-même. Car s'aimer soi-même, c'est aimer les autres.

    Rien à voir avec de l'égocentrisme primaire.

    Eprouver de l'amour pour soi-même aide assurément à éprouver de l'amour pour autrui.

    L'inverse est tout aussi vrai. Se détester soi-même, c'est la voie royale pour détester les autres.

    Que faire alors ? Notre société moderne, tellement basée sur l'apparence, sur l'immédiateté, est impitoyable.

    Elle est pourtant exactement ce qu'on en fait. Un monde avec des stars qui nous font rêver et déprimer à la fois.

    Un monde avec une poignée de héros inaccessibles d'un côté, une foule de tristes anonymes de l'autre.

    Un monde construit sur la frustration et la jalousie.

    Moi, j'en ai marre des héros de mon enfance. Je les aime encore, et je les aimerai toujours. Mais je ne veux plus qu'ils me freinent. Je ne veux plus qu'ils me découragent.

    Je veux de nouveaux héros. Des héros dont on ne connait pas le nom. Héros parce qu'ils parviennent à être eux-mêmes, au nez et à la barbe de tous les critères imposés par notre société trop cadrée.

    Mes nouveaux héros, ce sont ceux qui vivent leur vie sans rien demander à personne, en croyant en leur potentiel, en ressentant un véritable amour pour eux-mêmes. Faisant cela, ils se mettent à aimer fort les autres. Ils finissent par aimer le monde, aussi imparfait soit-il.

    Ils rayonnent, diffusant leur bonheur autour d'eux. Ils irradient tout ceux qui les approchent, les subliment.

    Je veux être mon propre héros, pas infaillible, pas invincible, pas parfait. Juste entièrement vivant, conscient de mes qualités et de mes défauts, en jouer, et vivre.

    Je veux être mon propre héros, capable de me projeter spontanément, sans jamais me détester parce que j'échoue. On n'échoue jamais quand on s'aime. On recommence. On se renouvelle. On se réinvente.

    Je veux être mon propre héros, pour m'aimer chaque jour un peu plus, et aimer aussi fort tout ce qui vit autour de moi.

     

     


  •  
     
    Oui, je pose la question, car je finis par me dire que les optimistes, de nos jours, on ne les aime pas beaucoup.
     
    C'est vrai que c'est énervant, ces gens qui voient en l'avenir de grandes chances de rendre le monde meilleur. 
     
    Ils ne comprennent rien ou quoi ? 
     
    Ne voient-ils pas que nous allons tout droit dans le mur ? 
     
    Voilà le discours actuel, partagé par la plupart des gens : tout va mal.
     
    C'est la CRISE.
     
    Crise de tout. Économie, écologie, immigration, terrorisme, guerres, surpopulation. Tout va mal.
     
    Si ce n'est pas carrément la 3ème guerre mondiale qui s'annonce doucement.
     
    Ah ça oui, quand on dresse un tableau noir de l'avenir, on retient l'attention. C'est vite la surenchère. Qui saura être le plus alarmiste remporte la timbale ! 
     
    Quand on est un " optimiste ", on passe avant tout pour un doux rêveur, qui ne comprend pas grand chose aux tenants et aboutissants de ce bas-monde, et on lasse vite son auditoire.
     
    J'en viens à me dire que l'être humain est capable de développer une grande fascination pour le désastre. Pour la catastrophe.
     
    Il n'y a qu'à voir tous ces films dans lesquels la surface du globe est balayée par le feu, les vents, la glace, l'anarchie due à la pauvreté qui nous fait nous entretuer les uns les autres, l'invasion d'une armée sans âme qui installe une dictature ignoble, les attaques d'extraterrestres, ou bien la chute d'une météorite.
     
    L'être humain a peut-être ça dans ses gènes alors, ce fatalisme qui le terrorise et l'émerveille à la fois, comme si celui-ci le rassurait, quelque part, quant à l'impact si faible du petit être qu'il est face à la colère d'une planète. 
     
    Ce fatalisme est bien pratique, car il lui permet de se dédouaner d'éventuelles fautes commises. Un être humain, si petit qu'il est, ne saurait être responsable d'un immense malheur. Il serait nécessairement une victime. 
     
    Et il est plus simple pour la conscience d'être une victime plutôt qu'un coupable.
     
    Voilà bien un paradoxe. 
     
    Le pauvre être humain si insignifiant, qui ne peut que subir les foudres d'éléments surpuissants et celles de ses congénères sanguinaires, est aussi l'être vivant qui façonne le plus notre planète à son image.
     
    Et il le fait avec assurance, avec vigueur, sans même se poser trop de questions.
     
    Il fait plier les lois de la nature, fait reculer la vieillesse et la mort. Il prend le pouvoir.
     
    De quoi être optimiste et confiant, non ? 
     
    Non. Le pessimisme l'emporte.
     
    Cet engouement pour le malheur actuel ou à venir rend de fait l'être humain pessimiste, au moins sur le long terme.
     
    Un monde qui évolue tranquillement, sans heurts, sans conflits, c'est certainement beaucoup moins drôle.
     
    Beaucoup vous diront pourtant qu'ils ne veulent pas se gâcher l'existence à penser à l'avenir, qu'ils profitent avec le sourire du moment présent, tout en craignant un avenir sombre pour leurs descendants.
     
    Optimisme modéré sur le court terme, pessimisme sur le long terme.
     
    Eh bien moi, je dirais malgré tout que ce pessimisme flottant a de quoi rendre... Optimiste ! 
     
    Car si tant de gens se montrent pessimistes, c'est qu'ils ont parfaitement conscience que leur monde ne tourne pas rond.
     
    Tous ces gens ne sont pas dépourvus d'un coeur, d'une âme. Ils ont des enfants, des proches à aimer, un héritage à laisser.
     
    Je ne peux croire un instant qu'ils laisseront le monde partir à la dérive, sans broncher.
     
    Certains, les plus pessimistes d'entre nous justement, diront que c'est trop tard.
     
    Non, ça n'est jamais trop tard.
     
    Oui, ça prend du temps. C'est long, sûrement trop.
     
    Il y a des dégâts. Mais il y a cette prise de conscience.
     
    Je suis donc OPTIMISTE, résolument optimiste.
     
    Parce que l'être humain a toujours progressé, s'est toujours relevé à chaque étape de son histoire.
     
    Et si nous vivons dans un monde relativement moins violent qu'il y a 100 ou 200 ans, un monde dans lequel les nations ont appris à dialoguer, c'est que tout n'est pas à jeter.
     
    Les pessimistes me répondront que la violence est toujours là, qu'elle a changé de forme.
     
    Je leur répondrai que l'être humain n'a donc jamais été aussi conscient de ses errances, et qu'il a toutes les cartes en main pour faire progresser son monde, et surtout, l'humanité toute entière.
     
     

     





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