•  

    Tu sais, fumeur, je ne te parlerai même pas de ta santé. 

    Chacun fait bien ce qu'il veut. Nous sommes tous trop ou pas assez. Chacun son parcours,  chacun son vécu.

    Chacun ses tics, ses tocs, ses excès, ses obsessions.

    Chacun ses tares, chacun ses errances.

    Mais j'avoue, fumeur, que je ne te comprends pas. Et je ne te comprendrai jamais.

    Ta cigarette pue, elle est sale. Sa fumée dérange.

    Mais tu fumes quand même au nez de tes propres enfants, quand ils jouent au jardin - d'enfants.

    Et comme en plus, tu es paresseux et égoiste, tu trouves le moyen de laisser tes mégots par terre. 

    Il n'y a pas plus pollueur que toi, fumeur. Ta cigarette devient un déchet toxique qui met des années et des années à disparaitre.

    Ce déchet toxique qui finit dans la main, voire dans la bouche de mon fils de 1 an, parce que tu n'as pas voulu bouger ton cul de fumeur vers une poubelle. 

    Il n'y a pas plus complice que toi dans la dégradation de la planète. Tu auras beau trier tes déchets et rouler en vélo, si tu jetes ton mégot dans la nature, tu es le pire d'entre nous.

    Tu sais, fumeur, tu pourrais fumer chez toi, entre tes murs. Laisser tes mégots au pied de ton canapé, de ton lit, de ta baignoire. 

    Tu ne dérangerais personne.

    Mais je crois que tu aimes déranger les autres avec ta cigarette. Peut-être une manière d'exister face à eux.

    Alors, fumeur, laisse-moi te déranger aussi, avec ma diatribe accusatrice. 

    Tu sais, fumeur, au fond je t'aime bien. J'aime ton geste stylé quand tu tires sur ta cigarette. Ce côté Rock n'Roll dans ton attitude.

    Mais fais ça chez toi, seul ou entouré de gens qui fument aussi ou ne sont pas dérangés par ta fumée. 

    Et garde tes mégots.

     

     

     

     


  •  

    Moi ce que je préfère dans les jours fériés, c'est que les grands magasins sont quand même ouverts.

    Bon, ils ne font pas d'efforts les 25 décembre, 1er janvier, 14 juillet, 1er mai... Un peu feignasses sur les bords quoi.

    Mais ils assurent le reste de l'année, ouf.

    Que c'est bon, oui que c'est bon d'aller emmerder les vendeurs ( ou vendeuses ) et les caissières ( ou caissiers ! ), quand toi tu n'es pas au boulot car c'est férié.

    Toi tu bosses pas, tu prends le temps, eux ils sont au taquet. Jouissif.

    Tu me diras, ils n'ont qu'à faire un autre boulot, hein.

    Que c'est bon de se bousculer dans les rayons, parce que tout le monde a eu la même idée.

    On se retrouve tous là, c'est un lieu de vie incomparable.

    Bien plus sympa que d'aller se balader à la campagne. C'est toujours pareil les arbres.

    En plus, un arbre, ça vend que dalle.

    C'est triste la campagne : aucun panneau publicitaire.

    Aucun " -30% sur les brosses à chiotte ! "

    Et puis, se balader à la campagne, il y a le week-end pour ça.

    Aller faire les magasins un mardi, ça n'a pas de prix.

    Enfin si, ça a un prix, et soldé !

     


  •  

    La vie est dure pour un automobiliste : il faut regarder les panneaux, les comprendre, s'arrêter au feu, au stop. Respecter les limitations de vitesse. Regarder dans son rétroviseur. Faire attention aux cyclistes. Faire attention aux piétons.

    Oui, ceux-là, ce sont les pires pour un automobiliste.

    Ils sont lents. Parfois ils traversent les routes. Sans même courir ! Ils marchent. Lentement.

    Aujourd'hui, j'ai fait partie de ces sales piétons qui osent mettre un pied sur la route sacrée de l'automobiliste-roi.

    Pire encore, j'avais avec moi une poussette, avec deux marmots dessus.

    Ce qui me rendait encore plus lent qu'un piéton classique.

    Quand on pousse une poussette ( forcément ), on se rend compte des nombreux trottoirs défoncés, pas droits, ou encore obstrués par des voitures mal garées et des poubelles.

    Alors on va volontiers sur la route.

    Aie aie aie.

    Dans cette petite rue bien étroite, je serre à gauche, pour ne gêner personne.

    Pas suffisamment pour ce gentil automobiliste, qui semble me dépasser péniblement. ( Alors qu'il y a largement la place, mais peut-être aurais-je dû me jeter, avec la poussette et mes marmots dans un fossé pour lui libérer la voie. )

    Il donne rageusement un coup d'accélérateur en passant à côté de moi.

    Puis il se gare.

    Je l'interpelle spontanément : " Vous étiez obligé, le coup d'accélérateur ? "

    Il sourit jaune et me répond : " Bah oui vous avez un trottoir pour les piétons ! "

    Je souris jaune à mon tour en lui montrant la gueule du trottoir.

    Cela l'indiffère, bien sûr.

    Il me lance en réponse : " Si tu veux te faire écraser avec tes gosses, ça te regarde ".

    Je rétorque : " Oui par des mecs comme toi qui accélèrent rageusement ".

    Il conserve son sourire jaune et finit : " C'était un avertissement, pour la prochaine fois ".

    Je le félicite : " Super état d'esprit, bravo ! ".

    On en reste là.

    Non, en fait je me retourne vers sa copine assise à côté de lui : " Pas de chance d'être avec un con pareil ".

    Oui, j'aurais pu me passer de cette tirade pas glorieuse. Bah non je ne suis pas parfait. Moi non plus.

    J'essaie au moins de faire preuve de bon sens.

    Le bon sens, pour moi, c'était d'éviter le trottoir obstrué. C'était de serrer à gauche pour ne gêner aucun véhicule.

    Ce n'était pas suffisant pour l'automobiliste-roi, le gentil automobiliste qui ne demande qu'à circuler sans entraves.

    Mais gageons en effet que le gentil automobiliste est réellement gentil : il m'a lancé un avertissement, soucieux de ma sécurité certainement.

    Chronique de la vie de tous les jours.

     


  •  

    Mais enfin, qu'ont-ils fait nos ancêtres ?!

    Ils se sont battus pour obtenir, que dis-je, arracher des droits civiques, des libertés. Y a même eu des guerres, des morts !

    Et nous, on se retrouve à devoir assumer ce lourd héritage.

    Alors qu'on n'a rien demandé, nous !

    Tout ce qu'on veut, c'est se la couler douce, consommer sans se poser de questions tout ce qu'on nous propose.

    Au lieu de ça, à cause de nos vieux, nous voilà forcés de réfléchir à qui nous sommes, à quelle société appartenir, à quels dirigeants choisir, à quels valeurs donner la priorité...

    C'est chiant !

    Le pire, c'est que quand l'on dit ça à nos vieux pas trop lointains, ils n'en ont plus rien à foutre !

    Démerdez-vous, les jeunes !

    Ils sont trop occupés à consommer sans se poser de questions tout ce qu'on leur propose.

    Mais on veut faire comme vous les vieux, nous les jeunes ! On ne veut pas avoir à penser à notre avenir et à celui de la planète. On ne veut pas avoir à défendre nos droits, c'est trop de réflexion et de boulot !

    Franchement, disons-le clairement : la démocratie, c'est un fléau.

    La démocratie n'apporte que des ennuis. Elle complique tout.

    On doit choisir des chefs, et après ça nous retombe dessus.

    On doit remettre en question notre mode de vie.

    On doit penser aux autres.

    C'est chiant !

    La démocratie, c'est le bazar.

    Trop de gens peuvent donner leur avis. Trop de gens ont le droit de penser.

    C'est ingérable.

    Préférez une bonne dictature : on vous dit qui être, quoi faire, quoi penser.

    C'est bien plus reposant.

    Pas besoin de voter, de comparer des candidats.

    On n'est plus responsable de rien, on se laisse porter. Quelqu'un sait mieux que nous, quelqu'un sait pour nous.

    Plus besoin de savoir. Plus besoin de comprendre. Plus besoin de lire ! Plus besoin de penser.

    Le rêve.

    Juste à se la couler douce et consommer sans se poser de questions tout ce qu'on nous propose.

    Le rêve, vous dis-je.

    Mais... Je suis optimiste.

    Quand j'observe autour de moi, je souris. Car je crois qu'on y vient, doucement.

    La dictature, le plus doux des conforts, le meilleur repos de l'esprit.

     


  •  

    Un jour, une amie ( devenue une ancienne amie depuis ) m'a dit qu'elle me trouvait trop négatif, dans mon discours, dans mes idées, dans mes publications diverses sur les réseaux sociaux.

    Elle m'expliqua qu'elle était gênée aux entournures parfois, à me lire et à m'écouter.

    Je ne faisais pourtant que pointer du doigt tout ce qui me semble alarmant et aberrant dans notre société moderne.

    Ce qui semble alarmant et aberrant aux yeux de tous a priori : gaspillage des ressources, inégalités sociales, individualisme, abrutissement des masses par l'appauvrissement de la culture et la création sans limites de besoins matériels... qui engendrent pollution et réchauffement climatique.

    On le sait tous ! Ce n'est pas une lubie de scientifique farfelu dans son étrange laboratoire.

    Je pense pouvoir le dire : nous sommes tous d'accord là-dessus, non ? Nous pourrions TOUS faire mieux que ça.

    Nous pourrions tous faire ces deux ou trois petits efforts qui, conjugués les uns aux autres, changent la donne.

    Alors pourquoi m'a t-elle trouvé négatif ?

    Peut-être parce qu'il n'est pas plaisant d'évoquer ce qui fâche. Parce qu'on préfère mettre des oeillères. On préfère " oublier ".

    Eh oui, sinon on peut se sentir jugé, parce que potentiellement coupable soi-même de collaborer à la dégradation de notre planète, et donc à la dégradation des conditions de vie de nos congénères.

    Peut-être m'a t-elle trouvé condescendant, du même coup ?

    Qui suis-je pour venir remuer la merde et donner la leçon ?

    Je suis un optimiste rabat-joie.

    Absolument imparfait, parfois paradoxal. Je ne suis pas exemplaire. Je fais des erreurs de jugement.

    Mais je crois avoir cette conscience collective qui me pousse à imaginer une société meilleure, pour moi ET pour les autres.

    Je ne me contente pas de penser et dire " oh la la, mais où va le monde, ces enfants qui meurent de faim, ces guerres oh la la "

    J'essaie de voir ce qui peut être changé dans mon quotidien, pour un monde plus juste et plus cohérent.

    Un petit geste ici, un petit geste là, une nouvelle habitude.

    La fourmi que je suis, si elle parvient à rencontrer d'autres fourmis qui tentent aussi de changer leur façon de vivre par ces petites touches, elle peut influer sur la société.

    Je repose encore une fois la question : pourquoi m'a t-elle trouvé négatif, moi qui suis pourtant tourné vers autrui, en quête d'idées nouvelles ?

    Peut-être parce que comme trop de gens, elle considère que ce n'est pas à nous, les fourmis, de régler le problème. Même si nous savons inconsciemment que nous faisons assez largement partie du problème.

    En fait, le simple fait de considérer qu'il y a un problème n'est pas acceptable pour beaucoup d'entre nous.

    Alors, on fait comme s'il n'y avait pas de problème.

    Et quand il n'y a pas de problème, il n'y a pas de solution à trouver.

    Alors le " penseur " qui vient secouer tout le monde, alors que tout va bien, forcément... On le trouve négatif.

     

     






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