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    Le stéréotype, c'est la bêtise.

    Le paradoxe est délicieux.

    Sois comme ils disent,

    sois juste comme eux.

    Le stéréotype uniformise.

    Le paradoxe est fastidieux. 

    Sois comme ils disent,

    sois juste comme eux.

    Le stéréotype minimise.

    Tu vaux pourtant bien mieux.

    Le paradoxe attise.

    Tu n'es pas comme eux.

    Sois comme ils disent,

    sois juste comme eux.

     

     


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    Mai 2017, nous élisons un nouveau Président. Sans doute un nouvel homme providentiel, ou bien une femme providentielle, qui défendra évidemment avec passion et vigueur les intérêts des français.

    Chaque élection, la mascarade reprend : le dit-candidat agite le drapeau, la fierté nationale, la grandeur de la nation, bla bli bla bli bli bla bla...

    Et c'est bien sûr le moment de monter les citoyens les uns contre les autres.

    Les chômeurs contre les travailleurs... Hum, plutôt l'inverse.

    Les jeunes contre les vieux... Ces feignants geeks sur-connectés face aux courageux anciens qui auront pris leur retraite avant 60 ans, n'est-ce pas ?

    Les " bons français " contre les français pas " d'origine "... Un petit test ADN ?

    Les français pas " d'origine " contre les migrants... Rendre raciste des gens issus d'une immigration, c'est épatant.

    Les chrétiens contre les musulmans... Vive la religion, parfaitement détournée en instrument de pouvoir.

    Les blancs contre les noirs... C'était pas si mal la colonisation, hein ?

    Les femmes contre les hommes, tiens aussi, allons-y... Le sexisme est loin, loin, loin d'avoir disparu. Conduisant de fait au féminisme, pas toujours inspiré.

    Ah oui, ça y va de son couplet partisan, clivant, nationaliste, pour ramasser des voix, en titillant la fibre patriote, traditionnelle qui sommeille plus ou moins en nous.

    Si si, chaque candidat, de gauche comme de droite, évoquera la France et sa grandeur à conquérir ou à retrouver, c'est selon. Ecoutez-bien.

    Chaque candidat pointera du doigt " l'autre ". ( Sauf un ou deux, peut-être, et je les aime bien d'ailleurs. )

    Mais ça veut dire quoi " l'autre " ?

    M'est avis que dans l'avenir, quand on évoquera notre époque, on la jugera bien étrange.

    Comme nous-mêmes trouvons parfois bien étrange la manière de vivre de nos ancêtres.

    Chaque époque connait ses propres errements, c'est ainsi. Chaque époque fait avec ce dont elle dispose.

    Chaque époque apprend de la précédente. A priori.

     

    Que diront les écoliers de 2117, en grande discussion avec leur professeur d'Histoire ?

    100 ans, c'est pas si loin devant. D'ailleurs, 1917, c'est pas si loin derrière.

    2117, ce professeur parle à ses élèves. Qui ne parviennent pas à comprendre pourquoi, encore 100 ans auparavant, les gens s'évertuaient à vouloir appartenir à un groupe. Appartenir à un courant d'idées. Appartenir à une ethnie, une couleur, une nation. Appartenir à des dirigeants !

    Le professeur écoute patiemment. Les élèves s'offusquent des conflits engendrés par une telle vision des choses.

    Mais pourquoi ces gens, il y a 100 ans, faisaient-ils tout pour se couper des autres ? Pour se diviser ? Pour exclure ?

    Tout pour se couper de " l'autre ".

    J'ai du respect pour les traditions, les coutumes. Je suis passionné par l'histoire des civilisations, l'histoire de la construction des pays. Tout cela doit être illustré, enseigné, raconté, préservé, c'est une évidence.

    C'est un patrimoine d'une richesse inestimable.

    Patrimoine, richesse, attention. Deux mots que je n'apprécie guère, dans un certain contexte économique...

    Pourtant, ils n'évoquent pas nécessairement l'idée de biens matériels et financiers accumulés à coups de guerres et de colonisations.

    Chaque pays doit assumer une zone d'ombres, un passé ( et un présent ) pas toujours glorieux.

    Mais on ne revient pas en arrière. Alors regardons devant nous.

    Le patrimoine d'un pays, c'est son héritage culturel au fil des siècles, c'est un savoir-faire, une tradition.

    La richesse d'un pays, ce sont ses habitants. Parce qu'ils savent vivre ensemble, et non parce qu'ils sont supérieurs aux habitants d'un autre. Parce qu'ils constituent une civilisation.

    J'ose croire que de nos jours les gens sur cette planète se plaisent à découvrir des cultures différentes, loin de chez eux.

    J'en veux pour preuve ces voyages lointains largement démocratisés, qui nous ouvrent l'esprit et le coeur, qui nous changent à jamais. Qui nous ramènent chez nous, l'oeil neuf.

    Mais, mais, mais... Chaque élection, nous participons pourtant à la mascarade, en élisant des dirigeants clivants, qui auront passé des mois à tirer des ficelles pour mieux recueillir nos votes, en nous rappelant notre fierté d'appartenir au meilleur pays du monde ! Au plus beau, plus prestigieux pays qui soit ! Ils auront aussi au passage égratigné " l'autre ", celui qui est coupable de presque tout.

    Moi, je m'en fous, je m'en contrefous que mon pays figure à la 6ème ou à la 49ème place du classement des pays plus " développés ".

    Que signifie ce mot, " développé ", quand on use de la polémique, de la division, pour accéder au pouvoir, quand on ne sait pas accueillir " l'autre ", quand on l'accuse de tous les maux ?

    Ce que j'attends de mon pays, c'est qu'il montre l'exemple, en défendant l'humain, le droit à une vie décente pour tous.

    C'est qu'il soit fier de son patrimoine culturel autant qu'il s'inspire de ceux d'autres pays.

    C'est qu'il soit juste un pays parmi d'autres, sans concurrence, sans querelles.

    Je nais dans un pays, j'y apprends une langue, des langues, des traditions, des coutumes. J'y apprends le respect des autres, le respect de " l'autre ", j'y apprends l'ouverture d'esprit.

    J'y apprends à devenir, pas à pas... Un citoyen du monde.

     

     


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    Une déception. Un souvenir douloureux. Les blessures du passé.

    La peur de l'avenir. Le stress du quotidien. Un besoin d'amour pas rassasié.

    Ajoutez-y la " crise " économique, le chômage, les conflits militaires dans le monde. Le réchauffement climatique.

    On en prend plein la tête tous les jours.

    Alors on s'endurcit. On fait le gros dos.

    On s'habitue. On devient moins sensible. On devient dur avec soi-même.

    Il le faut, pour faire face à tant d'obstacles.

    On est blasé. On se replie sur soi.

    ...

    Mais ?

    N'est-ce pas tout l'inverse qu'il convient de faire ?

    Une déception ? Je remonte en selle et je retourne en quête du bonheur.

    Un souvenir douloureux ? Je mesure le chemin parcouru depuis, avec bonheur.

    Les blessures du passé ? Que j'ai appris de celles-ci... Elles m'ont fait grandir, m'aident à savoir ce que j'attends de la vie.

    La peur de l'avenir ? L'avenir est ce qu'on en fait, tous ensemble, nous sommes acteurs, nous agissons.

    Le stress du quotidien ? Transformons ce stress en enthousiasme, tout est possible, chaque jour !

    Un besoin d'amour pas rassasié ? Alors donnons de l'amour, sans arrêt, partout où l'on passe, et l'amour ne nous oubliera plus.

    Crise, chômage, guerres, pollution ? C'est à nous d'agir, autour de nous, par notre écoute, par notre curiosité, par notre ouverture d'esprit, par notre consommation, pour y mettre fin. Etre ce petit grain de sable parmi d'autres grains de sable, qui font tout changer.

    Ayons de la tendresse pour nous-mêmes, ayons de l'indulgence pour nous-mêmes.

    Restons sensible, restons fragile.

    Continuons d'écouter nos émotions.

    Car en ayant de la tendresse pour soi-même, on en a pour les autres.

    En étant indulgent avec soi-même, on est indulgent avec les autres.

    En écoutant ses émotions, on écoute celles des autres.

    Et on se remet à vivre ENSEMBLE.

     

     


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    Oh c'est génial la technologie. Oui, le progrès technique, c'est juste fascinant.

    L'existence des petits humains que nous sommes s'améliore constamment.

    Les types, ils nous font des coffres de bagnole qui se ferment automatiquement !!

    T'as même plus besoin de lever le bras. D'une, fallait y penser. De deux, c'est clairement une évolution majeure, une de celles qui nous aident à mieux appréhender les mille contraintes du quotidien.

    C'est clair que fermer son coffre, c'est une plaie. Rédhibitoire. Je connais des gens qui ne partent pas en vacances à cause de ça !

    Heureusement, des chercheurs sont là, dans l'ombre, se creusant la tête pour exterminer tous nos petits tracas.

    Ils PENSENT à tout.

    Attends, t'as aussi le radar de recul, ce petit bip-biip-biiip-biiiiiiip qui te dit " Prends garde, t'as presque percuté la bagnole d'à côté, maiiis grâce à moi, tu l'as pas touchée ! "

    Génial. Plus besoin de regarder dans le rétroviseur. Cet objet obsolète qui nous exhorte à faire attention à ce qui nous entoure.

    Mieux : la bagnole se gare toute seule. Laisse faire... Elle fait pour toi. Plus besoin de tourner ce satané volant. Pendant ce temps-là, tu peux vérifier sur ton super GPS que t'es bien en train de te ( faire ) garer au bon endroit.

    Le GPS, une merveille. Un écran qui te parle ! Qui te dit que c'est par là. Avec une voix sexy si tu veux. Le monde s'offre à toi, quadrillé par satellite.

    Plus besoin de SAVOIR lire une carte routière et de chercher tout seul avec ses gros doigts.

    Cet écran te chouchoute, bien plus chaleureux et prévenant que ce papier si froid qui t'oblige en plus à lire et à REFLECHIR avec ta tête.

    Vive le progrès.

    Sur Internet, c'est carrément le rêve devenu réalité : tu n'as même plus besoin de savoir ce que tu cherches. L'écran sait à ta place, il devance tes envies.

    Plus besoin de taper sur un clavier, l'écran sait pour toi. Il sait ce que tu veux acheter, où, quand, comment. Il sait où tu veux partir en vacances. Il sait où tu veux aller manger au restaurant.

    L'écran se refuse à te laisser utiliser ton cerveau. Pourquoi se fatiguer ? Alors qu'il s'occupe de tout, instantanément, sans faillir, nuit et jour. Il t'est entièrement dévoué.

    L'écran t'aime. Il veut ton bonheur.

    Et ton bonheur, de nos jours, c'est de ne plus faire le moindre effort.

    Il semble que la nouvelle quête de l'Homme soit celle-ci : pouvoir tout déléguer. A des appareils, à des systèmes. Une vie automatique.

    Une vie affranchie de la nécessité de PENSER et d'user de sa force physique.

    Je ne prônerai jamais le retour aux chaumières, sans eau ni électricité.

    Mais je me dis juste qu'il y a peut-être un juste milieu entre des gens qui dorment encore sous des ponts comme au Moyen-âge et d'autres gens bien au chaud, entourés d'écrans en totale déconnexion avec le monde " réel "...

    Moi, j'ai un ordinateur ( celui qui me sert à taper ce texte ), j'ai une tablette. Je suis connecté. Je vois en Internet un formidable moyen de s'ouvrir aux autres. D'échanger, de découvrir d'autres cultures.

    Donc, la technologie, ça me plait bien.

    De même, ça me plait bien aussi qu'une boite avec un volant et des roues m'emmène vite et au sec là où j'ai envie d'aller.

    De même, ça me plait bien d'avoir juste à ouvrir un robinet pour boire de l'eau, pour m'éviter d'aller en chercher dans un puits, à dix kilomètres.

    De même, ça me plait bien d'avoir du chauffage, pour éviter d'avoir à cogner des cailloux pour faire du feu.

    Mais ça me plait vraiment pas quand la technologie vient remplacer mon cerveau. Ah non, ça me plait vraiment pas quand la technologie nous transforme tous peu à peu en larves paresseuses fuyant tout effort mental et physique.

    Ah non, ça me plait pas du tout.

    La technologie, elle doit rester à sa place.

    L'écran, il doit rester à sa place.

    Quelle est ta place, mon cher écran ?

    Eh bien tu dois m'aider, me faciliter la vie. Tu dois rendre plus simple la communication. Et ça suffira bien.

    Pourquoi essaies-tu de savoir mieux que moi ? Qu'as-tu derrière la tête ?

    Moi aussi tu sais, mon cher écran, je t'aime bien. Mais je ne te laisserai pas supplanter mon cerveau.

    Je ne te laisserai pas remplacer mon imagination.

    Je ne te laisserai pas devenir MOI.

     

     


  •  

    Mais enfin, pourquoi il n'écoute RIENNNNNN aujourd'hui ?! Depuis ce matin, c'est n'importe quoi.

    Et ce soir, c'est l'apothéose.

    J'en ai ma claque. C'est la guerre.

    Il me fait ch..........rrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr !!!!

    Regard noir contre regard noir. Qui cédera ? Certainement pas moi ! Mon statut de papa respecté est en jeu. Si je cède, là, tout de suite, une brèche sera ouverte, et Petit Loup ne manquera pas de s'y engouffrer.

    Il va faire ce que je lui dis, ET PIS C'EST TOUT.

    En l'occurrence, juste goûter son plat. Poisson-épinards. Plat qu'il adore, mais dont il ne veut pas entendre parler ce soir, EVIDEMMENT.

    Seuls les yaourts aux fruits et une banane trouvent grâce à ses yeux.

    GRRRRR. Je veux qu'il mange au moins un peu de son plat.

    Lui, il veut : ses yaourts et sa banane. ET PIS C'EST TOUT.

    Le duel perdure. Maman est sortie ce soir, alors ça se joue entre lui et moi.

    Du calme, ça va passer. Dans moins d'une heure, nous serons sûrement en train de jouer dans sa chambre, comme des larrons en foire. On va faire des gros câlins.

    Mais il mangera d'abord une bouchée de son poisson-épinards. Parole de papa !

    Pourquoi s'arc-bouter ainsi, me direz-vous. On a tous nos principes. Moi, j'estime que Petit Loup ne doit pas considérer qu'un repas, c'est une banane et des yaourts.

    C'est un principe chez moi, et chez sa maman aussi.

    Alors je m'y tiens.

    Mais il y a bien sûr mon ego de père, d'homme, qui se manifeste. Pourquoi céderais-je devant ce petit bonhomme qui ne fait pas encore un mètre de haut ?

    Quitte à rompre tout dialogue, je lui ferai manger sa bouchée de poisson-épinards.

    C'est long, trente minutes, quand un papa et un mini-homme se tiennent tête.

    Il est patient. Moi aussi.

    Il tente de changer de sujet. Je ne tombe pas ( tout de suite ) dans le panneau.

    Le sujet de ce soir, le seul, l'unique, c'est cette assiette de poisson-épinards.

    Petit Loup est agacé : Papa ne lâche rien. Mais Petit Loup est malin.

    Pendant qu'il me parle de vaches et de cochons, et de rhinocéros bien sûr, ainsi que de son favori du moment, le tricératops, il n'oublie pas d'employer sa petite voix de petit garçonnet de trois ans, avec les mimiques et les sourires qui vont avec.

    Le voilà qui me sort les petits yeux de petit bonhomme chéri à croquer. Ses petits yeux tout mignons de petit loulou chéri... Oh oh oh, stop !

    Ah ouais, il pense m'avoir comme ça ?

    Mon orgueil de mâle dominant ne saurait être pris de court par les petites joues à croquer de ce petit chéri.........

    Ooooh, stop !

    Je me lève, sans pitié, le laissant seul dans la cuisine. Il lui suffit d'engloutir UNE SEULE, juste une seule bouchée de ce poisson-épinards, et le conflit sera terminé.

    A peine ai-je le temps de quitter la pièce que Petit Loup accède enfin à ma requête.

    Eh ben voilààààà mon chéri, c'est biieeeenn  !

    Tout ça pour ça. Et puisque finalement c'est pas si dégueulasse que ça, Petit Loup en reprend plusieurs bouchées.

    Papa fier ! Autant de son fiston que de lui-même.

    Pas facile d'être papa.

    Ben non, pas facile. Je n'ai jamais sous-estimé la tâche.

    Ai-je eu raison de ne pas céder ?

    A première vue, oui, puisque Petit Loup aura finalement mangé du poisson-épinards.

    Mais peut-être ai-je eu simplement du bol.

    Un autre soir, il aurait hurlé en ne cédant rien, comme moi. Flinguant mutuellement notre soirée à tous les deux.

    Oh non, je ne suis pas un papa parfait. Je suis impatient, je suis râleur.

    J'aime fort mes enfants, mais j'aime aussi maîtriser la situation. Que ça se passe comme je l'ai décidé.

    Mais un enfant, c'est pas un hamster. C'est une petite personne. Avec son caractère, son tempérament, ses goûts, son humeur.

    Alors ce soir, oui, je " gagne  la partie ".

    Mais le bonheur d'être papa, c'est ( heureusement ) bien au-delà d'une assiette de poisson-épinards. Bien au-delà d'une simple question d'orgueil.

    C'est un amour inconditionnel. Qui vous remplit de bonheur quand, vaquant à d'autres occupations, vous pensez à vos petits. Vous en parlez avec fierté, le sourire aux lèvres.

    C'est un bonheur imperturbable que d'être parent. Rien n'est plus concret. Non pas que rien d'autre n'importe. Au contraire, je tiens à mes projets personnels, mes projets d'individu. Mais ces projets ne sauraient avoir le moindre sens si mes enfants ne sont pas heureux aux côtés de leurs parents.

    Le bonheur, ce sont donc aussi ces moments durant lesquels vous voyez vos enfants grandir. Ils s'affirment, ils deviennent quelqu'un. Ils façonnent leur pensée. Ils vous observent. Ils vous filoutent. Ils vous testent. Ils se testent eux-mêmes. Ils apprennent. Et vous apprenez.

    Heureux papa, je le suis assurément.

     

     

     






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